En Côte d’Ivoire, le secteur agricole amorce un tournant vers la numérisation globale de ses circuits financiers. Ce jeudi 15 octobre, à Abidjan, la fintech PUSH a scellé une alliance stratégique d’envergure avec des acteurs financiers de premier plan, à savoir Ecobank, BNI, Versus Bank et Orange Money. Cette coopération inédite vise à bâtir une infrastructure financière robuste capable de digitaliser et de tracer près de 3 000 milliards de FCFA de flux financiers à travers l’ensemble des chaînes de valeur agricoles du pays.
L’initiative portée par PUSH répond à un impératif historique : instaurer une traçabilité intégrale des transactions, depuis les grands exportateurs jusqu’aux coopératives et producteurs locaux. Après avoir rencontré un succès probant et un écho très favorable dans le secteur clé du café-cacao, la fintech ambitionne de déployer cette solution à l’ensemble des filières agricoles ivoiriennes. Ce déploiement s’accompagnera d’une offre renforcée de services à forte valeur ajoutée, incluant des solutions de paiement modernisées, des mécanismes d’épargne, des financements structurés ainsi que des produits sur mesure adaptés aux spécificités de chaque acteur rural.
Au-delà de la simple numérisation des échanges, le partenariat noué avec les institutions bancaires et l’opérateur mobile vise à sécuriser et optimiser l’accès au crédit pour l’écosystème agricole. L’objectif est de garantir un suivi rigoureux des décaissements afin de s’assurer que les fonds alloués sont effectivement injectés dans les activités d’exploitation prévues et qu’ils parviennent sans intermédiaires indus aux producteurs. « Le financement agricole doit aller au-delà du décaissement : il doit produire un impact concret sur l’ensemble des chaînes de valeur, jusqu’aux producteurs. Chez Ecobank Côte d’Ivoire, la », souligne le représentant de la banque partenaire.
Cette transformation digitale rejoint également des enjeux réglementaires internationaux cruciaux, notamment la mise en conformité avec la réglementation de l’Union européenne sur la non-déforestation. Arsène Dadié, directeur chargé des délégations régionales et de la commercialisation intérieure du café-cacao au sein du Conseil Café-Cacao (CCC), précise la portée de cet outil : « que le cacao que nous exportons ne va pas être issu de la déforestation. Et donc, pour faire, il fallait imaginer un outil qui permettait d’abord d’identifier l’ensemble des producteurs, de géolocaliser les vraies parcelles, et ensuite de mettre à la disposition des importateurs l’ensemble des informations permettant de leur rassurer que le cacao voilé n’est pas issu de la déforestation. Et grâce à la bonne collaboration avec Push, nous sommes en train de réussir chez Paris ».
Selon Georges Abi, CEO de PUSH Côte d’Ivoire, la plateforme gère déjà plus de 700 000 comptes et 20 millions de transactions représentant plus de 600 milliards de FCFA. Il souligne que la plus grande réussite de l’entreprise réside dans sa capacité de déploiement à grande échelle : « En tant que partenaire technique du Conseil Café-Cacao, nous avons notamment contribué à l’ouverture de plus de 1,2 million de comptes de producteurs et à l’équipement de près de 3 000 coopératives agricoles. »
