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Tops / Flops de la semaine par Zonebourse

Les places financières ont nettement progressé cette semaine, après les décisions de plusieurs banques centrales, finalement bien accueillies. Les opérateurs semblent parier sur le fait que malgré une inflation toujours élevée et d'autres hausses de taux envisagées, le ralentissement de l'activité à l'échelle mondiale devrait pousser à des assouplissements monétaires plus tôt qu'escompté. L'appétit pour le risque reste donc de mise depuis quelques séances, dans l'attente des prochaines publications de sociétés.

par Redaction

TOPS 

Nikola (+99%) : La pause dans la hausse des taux de la FED permet au constructeur de véhicules électriques de souffler un peu : le groupe, très endetté et en pénurie de liquidités, profite de son effet de levier élevé qui attire les traders les plus audacieux. La société profite par ailleurs d’un effet short squeeze : alors que le cours de bourse s’oriente à la hausse, les vendeurs à découvert sont forcés de liquider leurs positions vendeuses. Grâce à cette embellie, la place de Nikola au sein du Nasdaq n’est plus menacée, pour le moment.

Archer aviation (+37%) : Le spécialiste américain des eVTOL (avions à propulsion électrique) a nommé un nouveau directeur de la sécurité en la personne de Billy Nolen. Le profil, l’expertise et le réseau de cet ancien administrateur de la FAA (l’autorité américaine de l’aviation civile), fervent défenseur des eVTOL, ont séduit les investisseurs. Le groupe, qui promet une commercialisation de ses premiers avions électriques en 2025, bénéficie aussi de relèvements de recommandations de certains analystes.

Xpeng (+31%) : Le constructeur chinois de véhicules électriques coté à New York retrouve des couleurs. Après avoir reçu l’approbation des autorités, il a lancé cette semaine sa technologie de conduite assistée dans 4 villes chinoises dont Pékin, et vise 10 autres villes dans l’année. Les investisseurs misent sur ce service pour relancer les ventes du groupe, qui souffrent d’un sévère ralentissement au profit de ses concurrents Nio et Li Auto. Xpeng déclare par ailleurs avoir reçu 25 000 précommandes pour son nouveau SUV G6 en seulement 72 heures.

Virgin Galactic (+30%) : La société spatiale de l’entrepreneur britannique Richard Branson s’est envolée ce vendredi après avoir annoncé lancer son premier vol commercial vers l’espace, le Galactic 01, entre le 27 et le 30 juin prochain. Trois scientifiques de l’armée de l’air italienne et du Conseil national de la recherche d’Italie monteront à bord pour effectuer des recherches. Un deuxième vol commercial est d’ores et déjà annoncé pour début août, avant l’ouverture des vols mensuels, pour une somme comprise entre 200.000 et 450.000 dollars.

SoftwareOne (+25%) : Le fournisseur de solutions logicielles est courtisé par Bain Capital Private Equity. Le gestionnaire d’actifs américain propose 2,9 milliards de francs suisses (3,21 milliards de dollars) pour s’emparer du groupe suisse, soit une prime de 33 % par rapport au cours de clôture du 31 mai. Le conseil d’administration, qui considère que l’offre sous-évalue matériellement la société, a décliné les avances.

Wacker Neuson (+15%) : Le fabricant allemand de machines de chantier a dévoilé cette semaine ses ambitions pour 2030, bien supérieures aux attentes du marché : il vise 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires (contre 2,2 en 2022) et une nette amélioration de sa rentabilité. Pour y parvenir, des mesures d’efficacité et un accent mis sur l’expansion, notamment en Amérique du Nord et du Sud, grâce à un partenariat avec l’américain Deere & Company. Dans la foulée, plusieurs analystes ont relevé leur objectif de cours ou leur recommandation sur le titre.

Valneva (+13%) : La biotech française se hisse dans ce classement à la faveur des bons résultats cliniques de son candidat-vaccin contre le chikungunya en essai pivot de phase 3, qui a démontré une forte réponse immunitaire et une bonne tolérance des patients. Le VLA1553 (c’est son petit nom) est actuellement le seul candidat-vaccin contre cette maladie au monde pour lequel un processus de revue réglementaire est en cours. Le groupe a déjà demandé l’approbation du vaccin aux Etats-Unis et au Canada.

FLOPS 

Logitech (-9%) : Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. Le fabricant suisse de matériel informatique a dévissé cette semaine après avoir annoncé le départ surprise de son PDG de longue date Bracken Darrell, parti poursuivre une autre opportunité. Apparemment très apprécié en interne et par les marchés, il a été architecte de la transformation du groupe au cours des 10 dernières années, et son absence est source d’incertitudes. Citigroup a rétrogradé sa recommandation sur le titre après l’annonce.

Boliden (-10%) : Mauvaises nouvelles en cascade pour le spécialiste suédois des métaux, déjà affaibli par la baisse du prix du zinc et les prix élevés de l’énergie. Il a été contraint d’interrompre la production dans son usine de Ronnskär (sa plus grande unité) à cause d’un incendie, et a également suspendu les activités dans la mine de zinc de Tara, en Irlande, en raison de pertes insoutenables. Le producteur de zinc et de cuivre a, en conséquence, revu ses perspectives à la baisse pour le deuxième trimestre 2023.

SES S.A (-12%) : Situation similaire chez l’opérateur luxembourgeois de satellites, qui a annoncé la démission inattendue de son directeur général, Steve Collar, parti lui aussi courir d’autres lièvres. Selon les observateurs, ce départ pourrait compromettre ou retarder la fusion envisagée en mars avec Intelsat pour créer un géant européen du secteur. Pour rappel, les deux sociétés détiennent chacune une part d’environ 20% du marché mondial des services de télécommunications fixes par satellite.

Geron corp (-16%) : La biotech californienne spécialisée dans les produits thérapeutiques contre le cancer a plongé après avoir déclaré que l’investisseur dédié au secteur de la santé HealthCor Management L.P. a cédé 73,7 % de sa participation dans le groupe, en vendant plus de 1,4 million d’actions au cours du quatrième trimestre.

John Wiley & Sons (-17%) : La maison d’édition américaine spécialisée dans la publication de revues scientifiques, d’ouvrages techniques et universitaires, a dévoilé cette semaine ses résultats. Si le bénéfice affiche une légère hausse sur le dernier trimestre, le chiffre d’affaires est lui en baisse. Le groupe a par ailleurs dévoilé un plan de restructuration, qui comprend notamment la cession des activités non essentielles dans le domaine de l’éducation, qui n’a pas convaincu  les marchés.

CTS eventim (-18%) : Les actions du groupe allemand spécialisé dans l’événementiel et la vente de billets pour les manifestations culturelles et sportives se sont orientées à la baisse après qu’un journaliste satirique de la chaîne de télévision ZDF a diffusé une enquête critique sur les pratiques commerciales de la société et ainsi déclenché des prises de bénéfices. D’autres voix se sont élevées par la suite pour s’attaquer à la gestion de l’entreprise. Certains analystes ont ensuite dégradé leur recommandation sur le titre.

Matières premières
Energie : L’Agence internationale de l’énergie (IEA) a publié cette semaine son dernier rapport mensuel. On peut y lire que l’Agence s’attend à une demande de pétrole un peu plus importante cette année (avec un relèvement de 0,2 million de barils par jour), avant de se tasser en 2024 puisque l’IEA estime que la demande ralentira de 0,9 mbj l’année prochaine. L’offre aussi devrait progresser cette année, tirée sans grande surprise par la production des pays non membres de l’OPEP. A ce titre, l’OPEP a également mis à jour ses prévisions cette semaine. Le cartel a globalement laissé inchangé ses perspectives, tout en soulignant comme à son habitude les différents risques qui pèsent sur l’équilibre offre/demande, comme les tensions géopolitiques et le ralentissement économique mondial. Au niveau des prix, le Brent de la Mer du Nord se négocie autour de 75 USD le baril, contre 71 USD pour son homologue américain, le WTI. Relevons également la poussée des prix du gaz naturel européen, qui a atteint cette semaine la barre des 40 EUR/MWh pour le TTF de Rotterdam (aujourd’hui cette référence cote autour de 35 EUR). La Norvège, qui est devenu le principal fournisseur de gaz à l’Europe continentale, rencontre des problèmes de fuites et réalise des maintenances sur certains de ses gisements, provoquant une baisse des flux d’approvisionnements via les gazoducs norvégiens.

Métaux : Le compartiment des métaux de base a bondi cette semaine, à l’exception de l’aluminium qui a fait du surplace autour de 2200 USD au London Metal Exchange. Malgré des données économiques toujours mitigées en provenance de Chine, les métaux ont profité d’un regain d’appétit pour le risque avec le statu quo de la Réserve fédérale sur ses taux. La nette baisse du billet vert a également contribué à soutenir les prix. Dans ce cadre, la tonne de cuivre progresse à 8500 USD, tout comme le nickel (22700 USD) et le zinc (2460 USD). Du côté des métaux précieux, l’or se stabilise autour de 1960 USD.

Produits agricoles : Le Département américain de l’agriculture (USDA) a revu à la baisse son estimation de la production de maïs aux Etats-Unis. L’USDA pointe du doigt les effets d’un temps sec, qui peut compromettre une partie des récoltes. A Chicago, le prix du maïs a progressé à 668 cents le boisseau, tandis que le blé a gagné un peu de terrain à 630 cents.

 

Macroéconomie
Ambiance : La cigale et la fourmi. Les marchés actions continuent à détourner le regard quand la Fed agite ses bras pour annoncer que le danger inflationniste n’a pas disparu. Pour autant, la banque centrale américaine a choisi de faire l’impasse sur une hausse de taux en juin, tout en menaçant de reprendre le cycle de resserrement dès juillet, voire une seconde fois dans l’année. Le marché obligataire est plus prudent (voir ci-après). La BCE, de son côté, a fait moins de mystère en donnant un quart de tour à ses taux pour les porter à 4% et en clamant que l’austérité n’est pas terminée. Les statistiques macroéconomiques restent faiblardes des deux côtés de l’Atlantique, mais il n’y a pas de rupture visible, alors…

Devises Il est encore question de banques centrales ici. Le décalage de calendrier entre la Fed et la BCE est bien visible dans le parcours de l’euro, qui est remonté à 1,0942 USD. La vigueur de la monnaie unique est encore plus criarde face au yen, qui est tombé à son plus bas niveau depuis 15 ans. La position toujours accommodante de la Banque du Japon expliquant aisément cela. L’EUR se négociait vendredi 154,70 JPY.

Taux. Au terme d’une semaine qui pouvait s’annoncer à hauts risques, les banques centrales ont pourtant joué la partition attendue à savoir un statu quo pour la Réserve fédérale américaine et un relèvement d’un quart de point pour la Banque centrale européenne. Les investisseurs n’ont retenu que le verre à moitié plein propulsant les indices, Nasdaq en tête vers de nouveaux sommets annuels. Pourtant, le discours sous-jacent est plus nuancé. La Fed et la BCE n’ont pas manqué d’alerter la communauté financière quant à la persistance de l’inflation core ce qui pourrait se traduire par 1/ un taux terminal plus élevé qu’anticipé par les institutions elles-mêmes et 2/ une période prolongée de taux élevés. De la même manière, certains membres du comité de la Fed commencent à estimer que les taux réels (Fed Funds – CPI) devraient être proches de 100 points de base pour venir peser durablement sur l’inflation. Si les indices actions n’en ont cure, le rendement du 2 ans américain a bien pris en compte l’information et continue de progresser en direction de ses sommets de mars à 5.08 tandis que le spread 2/10 US cash continue de s’enfoncer en territoire négatif. Traduction : les taux continuent de s’inquiéter d’une possible récession à venir tandis que les indices font la cigale.

Crypto : Pour la troisième semaine consécutive, le bitcoin recule et revient se positionner autour des 25 500 dollars, en baisse de 1,5% depuis lundi. L’ether souffre nettement plus en reculant de quasiment 5% sur la même période et navigue désormais près des 1650 dollars. Tant que l’industrie des crypto-actifs reste embourbée dans les problèmes réglementaires de l’autre côté de l’Atlantique, la SEC ne montrant aucun signe d’avancement sur ce sujet, bitcoins et consorts auront du mal à reprendre une dynamique haussière à court terme.

Agenda. Après un début de semaine plutôt tranquille, le calendrier macroéconomique s’intensifiera réellement à partir de mercredi, avec la publication de l’inflation annuelle au Royaume-Uni et les interventions des responsables de la Réserve fédérale américaine. Jeudi sera une journée clé, car la Banque nationale suisse procédera à son évaluation de la politique monétaire et annoncera sa décision concernant les taux d’intérêt. Par la suite, la Banque d’Angleterre lui emboîtera le pas en dévoilant les résultats du vote du comité de politique monétaire, le résumé de la politique monétaire et le taux directeur officiel. Aux États-Unis, quelques statistiques seront également publiées, notamment celles relatives aux demandes d’allocations chômage. Enfin, vendredi, les données du PMI manufacturier flash et du PMI services flash seront publiées en Europe, en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

 

Même pas peur
Cette semaine, le discours de la Fed tant attendu s’est conclu par une possibilité de nouvelles hausses de taux d’ici la fin de l’année alors que la banque centrale américaine avait fait une pause jusqu’à présent. Malgré tout, la Fed est en passe de réussir son pari de faire baisser l’inflation à un niveau raisonnable sans faire crasher l’économie. Tout comme la réunion du FOMC mercredi, la réunion de jeudi de la BCE a été plutôt hawkish avec l’annonce d’un nouveau relèvement de taux. Le marché action ne semble pas avoir réagi négativement à ces annonces considérant sûrement que le gros du chemin est derrière lui en ce qui concerne les relèvements de taux. Les indices continuent de se laisser porter grâce aux grandes capitalisations boursières dans le secteur technologique.

La semaine prochaine, nous pourrons compter sur la publication de l’indice d’inflation anglais mercredi, un discours du président de la Fed le même jour et le lendemain (jeudi), ainsi que la parution des indices PMI manufacturier et des services français, allemands, anglais et américains vendredi.

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