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Biodiversité : l’ONU alerte sur l’urgence d’accélérer l’action d’ici 2030

par Redaction

Un nouveau rapport mondial des Nations Unies, intitulé « État de l’action en faveur de la biodiversité » et présenté officiellement par António Guterres, dresse un premier bilan du Cadre mondial de Kunming-Montréal adopté en décembre 2022. À mi-parcours de l’échéance fixée à 2030, le document révèle une adhésion politique quasi générale : près de 90 % des 196 Parties signataires ont défini des objectifs nationaux, et environ 5 000 engagements ont été enregistrés auprès du secteur privé, des collectivités et des communautés locales. Toutefois, la diplomatie environnementale se heurte à la réalité du terrain, car moins de la moitié des cibles évaluées sont aujourd’hui en bonne voie d’être atteintes.

Le document met en lumière un fossé inquiétant entre la formulation des intentions et leur traduction économique réelle. La préservation de la nature exige une réorientation transversale impliquant non seulement les ministères de l’Environnement, mais aussi les secteurs clés comme la finance, l’agriculture, les infrastructures ou la foresterie. Or, les chantiers les plus en retard sont précisément ceux qui sollicitent le secteur privé et la restructuration financière, notamment l’élimination des subventions néfastes (Cible 18) et l’objectif de conservation de 30 % des terres et des mers (Cible 3). Comme l’a martelé le Secrétaire général de l’ONU : « Le rapport montre que bon nombre des éléments essentiels à la progression — notamment le financement, les capacités, la coopération et les données — font encore défaut. La nature ne prospérera pas sur la base de bonnes intentions. En nous appuyant sur les éléments présentés dans ce rapport, nous pouvons stopper et inverser la perte de biodiversité, et préserver les fondements naturels dont dépendent toute vie humaine et toute prospérité. »

Au-delà de la conservation stricte des écosystèmes, l’économie verte impose la reconnaissance des services écosystémiques et des savoirs traditionnels des peuples autochtones, véritables gardiens de la résilience économique, hydrique et alimentaire. Dans la perspective du Sommet « Des dirigeants pour la nature » prévu à Erevan le 16 octobre, l’ONU appelle à un soutien financier et technique accru en faveur des pays en développement et à une meilleure intégration de la biodiversité dans les budgets publics. Inger Andersen, directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement, souligne la triple crise planétaire en rappelant : « Ce rapport montre que nous progressons, mais nous devons faire bien davantage, d’autant que les effets de l’accélération du changement climatique exercent une pression croissante sur la nature. Nous ne pouvons pas traiter le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution de manière isolée. »

La mobilisation internationale s’oriente désormais vers la COP 17 en Arménie, qui constituera le premier grand examen collectif des politiques d’économie verte. Ce rendez-vous majeur devra permettre de combler les lacunes financières et opérationnelles identifiées tout en renforçant la transparence comptable des entreprises quant à leurs dépendances vis-à-vis du vivant. Astrid Schomaker, secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique, insiste sur l’opportunité de ce bilan décisif : « Nous savons où nous en sommes. Nous connaissons les lacunes. Il nous faut maintenant travailler ensemble pour les combler. La COP 17 est l’occasion de consolider les acquis, de renforcer la coopération et de placer la biodiversité au cœur des décisions, tant au niveau gouvernemental qu’au sein de la société. »

Pour sa part, le futur président de la COP 17 et ministre arménien de l’Environnement, Hambardzum Matevosyan, a tracé la feuille de route stratégique des prochaines négociations internationales : « La COP 15 nous a fourni le cadre. La COP 16 a permis de faire progresser des mécanismes essentiels à sa mise en œuvre. La COP 17 doit désormais nous aider à faire le point : où en sommes-nous ? Qu’est-ce qui fonctionne ? Où les progrès sont-ils insuffisants ? Et que faut-il changer pour accélérer la mise en œuvre ? » Face à la pression climatique croissante, la communauté internationale n’a plus d’autre choix que de transformer ces arbitrages institutionnels en financements concrets pour préserver l’économie réelle de demain.

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