La perte de biodiversité, tout comme le changement climatique et la pollution, constituent une crise des droits de l’enfant ; elle compromet le droit fondamental de chaque enfant à un environnement propre, sain et durable.
Les enfants dépendent de la biodiversité pour se nourrir, s’hydrater, respirer et bénéficier des écosystèmes qui les protègent contre les catastrophes et les maladies. Lorsque la biodiversité décline, les enfants sont touchés de manière disproportionnée, car leur organisme et leur système immunitaire sont encore en développement. Ils sont ainsi plus vulnérables à la malnutrition, aux maladies transmises par l’eau ou par des vecteurs, à la pollution atmosphérique et aux chocs liés au climat. Bien qu’ils représentent environ 30 % de la population mondiale, les enfants constituent plus de la moitié des personnes vivant dans l’extrême pauvreté, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux risques environnementaux et climatiques*.
Les conséquences sont déjà graves : plus d’un décès sur quatre chez les enfants de moins de cinq ans est attribuable à un environnement malsain*. La perte de biodiversité réduit également l’accès des enfants à la nature, un élément de plus en plus reconnu comme essentiel à leur santé physique, à leur développement cognitif et à leur bien-être mental. Conscient de ces répercussions, le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies a affirmé, dans son Observation générale n° 26 (2023)*, que chaque enfant a droit à un environnement propre, sain et durable. Il a par ailleurs identifié la perte de biodiversité comme une composante majeure de la « triple crise planétaire » qui menace les droits et le bien-être futur des enfants.
Si les enfants figurent parmi les personnes les plus touchées par le changement climatique, la perte de biodiversité et la dégradation de l’environnement, leurs points de vue et leurs besoins restent insuffisamment pris en compte dans les politiques et les budgets qui y sont consacrés. C’est une occasion manquée. Parallèlement, les adolescents et les jeunes — en particulier les filles — font preuve de leadership, d’esprit d’innovation et d’un engagement remarquable en faveur de l’action climatique et environnementale. Protéger les droits et le bien-être des enfants, tout en associant réellement les adolescents et les jeunes aux processus décisionnels, est indispensable pour élaborer des solutions résilientes et durables, tant pour les populations que pour la planète. L’UNICEF appelle donc les Parties à cette Conférence, les partenaires au développement, les entreprises et la société civile à placer les enfants et les jeunes au cœur de l’action en faveur de la biodiversité, notamment en :
• Intégrant les droits de l’enfant dans les Stratégies et Plans d’action nationaux pour la biodiversité (SPANB). Les politiques relatives à la biodiversité devraient explicitement aborder les impacts sur la santé, l’éducation, la nutrition, la sécurité hydrique et la protection des enfants. Cette intégration devrait s’étendre aux lignes directrices relatives à la présentation de données ventilées par âge, actuellement en discussion pour l’Examen mondial et les futures mises à jour des SPANB, parallèlement à la ventilation par sexe déjà en cours de négociation.
• Renforçant la cohérence entre les politiques relatives à la biodiversité et celles relatives aux pertes et dommages, en veillant à ce que la dégradation des écosystèmes et ses impacts sur les enfants – y compris la perte du patrimoine culturel, des savoirs autochtones et traditionnels, de l’identité et des liens avec la terre et la nature – soient pris en compte dans les évaluations, la planification et le financement nationaux.
• Mobiliser et orienter des financements considérablement accrus vers des actions en faveur de la biodiversité et du climat adaptées aux enfants, en privilégiant les solutions fondées sur la nature et la restauration des écosystèmes qui renforcent les services essentiels aux enfants, notamment les écoles, les établissements de santé, les systèmes d’approvisionnement en eau et les programmes de protection sociale. Les Parties devraient veiller à ce que les mécanismes de financement, y compris le Fonds Cali et la Stratégie de mobilisation des ressources au titre de la cible 19, reconnaissent explicitement les services essentiels aux enfants comme des investissements admissibles et intègrent des indicateurs sensibles aux enfants pour suivre les progrès accomplis par rapport à l’objectif de financement annuel de 200 milliards de dollars américains.
• Veiller à ce que le suivi de la biodiversité, les aires protégées et la gouvernance 30×30 incluent les enfants, notamment par le biais d’indicateurs désagrégés par âge dans le cadre du suivi et par la reconnaissance explicite des enfants autochtones et ruraux dans la gouvernance des aires protégées et les mécanismes de partage des avantages.
• Prioriser les actions de conservation de la biodiversité qui offrent les plus grands avantages pour la santé des enfants, notamment la protection des zones humides, des pollinisateurs, des forêts et des espaces verts urbains en tant qu’infrastructures naturelles essentielles qui garantissent l’accès à l’eau potable, à une alimentation nutritive, à un air plus pur, à la résilience climatique et à la protection contre les maladies infectieuses.
• Promouvoir des systèmes alimentaires favorables à la biodiversité qui offrent aux enfants une alimentation diversifiée, nutritive et durable, notamment en soutenant l’agrobiodiversité, la production locale d’aliments résilients face au changement climatique et riches en nutriments, les chaînes de valeur alimentaires durables et les environnements alimentaires qui améliorent l’accès des enfants à une alimentation saine et durable et qui renforcent la résilience des écosystèmes.
Développer l’éducation à la biodiversité et la culture environnementale, afin que les enfants acquièrent les connaissances, les compétences et la confiance nécessaires pour devenir des gardiens de l’environnement et des leaders. Le plan mondial de
