L’économie égyptienne amorce une trajectoire de croissance soutenue, avec des projections de hausse du PIB réel de 5 % pour l’exercice 2025/2026, devant s’accélérer pour atteindre 6,2 % d’ici 2029/2030. Selon la stratégie budgétaire à moyen terme du ministère des Finances, ce dynamisme repose sur une stabilité macroéconomique retrouvée, favorisée par l’adoption d’un régime de change flexible. Ce redressement est porté par une expansion de la base industrielle et une hausse des investissements dans les infrastructures, permettant au pays de maintenir sa résilience face aux défis géopolitiques régionaux.
Le secteur manufacturier non pétrolier s’impose comme le principal moteur de cette accélération, ayant déjà enregistré une croissance réelle de 13,4 % au cours de l’exercice 2024/2025. Cette performance est le résultat direct d’une politique de localisation de la production et d’incitations ciblées vers les industries à forte valeur ajoutée. Parallèlement, le secteur des technologies de l’information a affiché une progression de 14 %, tandis que le tourisme bénéficie d’une augmentation de la capacité hôtelière et de projets emblématiques comme le Grand Musée Égyptien pour stimuler les entrées de devises.
Sur le front budgétaire, le gouvernement égyptien a engagé une consolidation rigoureuse visant à ramener le ratio dette/PIB sous la barre des 70 % d’ici 2030. Les progrès sont déjà notables : la dette du secteur budgétaire est passée de 96 % du PIB en juin 2023 à environ 84 % en juin 2025, soit une réduction de 12 points de pourcentage en deux ans. Cette stratégie s’appuie sur le maintien d’excédents primaires annuels et l’utilisation de recettes exceptionnelles issues du programme de désengagement de l’État pour réduire l’endettement extérieur, qui a déjà diminué de 4 milliards de dollars sur la période.
Enfin, les réformes fiscales visent à accroître les recettes de l’État d’environ 1 % du PIB par an, pour atteindre 15,2 % du PIB en 2029/2030. Cette mobilisation des ressources domestiques doit permettre de réduire le déficit budgétaire global à 4,9 % d’ici 2026/2027, tout en préservant les investissements dans le développement humain. En combinant rigueur budgétaire et soutien aux secteurs productifs, le ministère des Finances entend créer un environnement propice à l’investissement privé et aux investissements directs étrangers (IDE), garantissant ainsi une croissance durable et créatrice d’emplois.
