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COP17 d’Erevan : l’heure de la « COP triple A », selon Astrid Shomaker

par Redaction

En prélude à la 17e Conférence des parties sur la Biodiversité  (COP17) à Erevan, l’équipe de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (CBD), a organisé un point de presse interactif avec les journalistes,  pour annoncer les grandes lignes de cette conférence, les thématiques à aborder, les retombées des COP précédentes etc. Pour la CBD, ce rendez vous s’annonce comme un test à mi-parcours crucial pour évaluer la transition du Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal, passant des simples engagements à une mise en œuvre accélérée. D’où le terme  « la COP triple A », soutenu par Astrid Schomaker, Secrétaire exécutive de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (CBD).

A l’en croire, cette Conférence doit s’articuler autour de la responsabilité, de l’action et de l’ambition renouvelée. La capacité de la communauté internationale à surmonter les obstacles réglementaires et économiques à Erevan déterminera la trajectoire globale de la biodiversité pour la décennie, faisant de cette conférence un carrefour incontournable pour la survie et la restauration des écosystèmes de la planète.

Si l’engagement envers le cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal est sans précédent, les progrès, pour l’écosystème,  demeurent inégaux et trop lents pour espérer atteindre l’ensemble des 23 cibles fixées d’ici à 2030. Un tel décalage met en évidence le besoin urgent de transformer la planification stratégique en actions tangibles sur le terrain, en s’appuyant sur les bases solides fournies par le premier rapport sur l’état de l’action en faveur de la biodiversité.

Selon le constat du CBD,  bien que les pays aient progressé dans l’adoption d’engagements nationaux, l’ambition et l’application concrète ne sont pas encore au niveau des objectifs mondiaux. Les avancées se concentrent principalement sur les mesures traditionnelles de conservation et d’utilisation durable, tandis qu’elles s’avèrent beaucoup plus faibles là où la biodiversité interagit directement avec l’économie, la finance, les entreprises, la consommation et les incitations néfastes. Cette asymétrie souligne la complexité d’intégrer les impératifs écologiques au cœur des structures économiques et sociétales contemporaines.

Toutefois, la période écoulée depuis la COP15 a été largement consacrée à la mise en place d’objectifs, à l’actualisation des plans d’action nationaux (PANO) et au déploiement de mécanismes de financement, au regard des recommandations,ce qui signifie que les quatre premières années ne présagent pas nécessairement des quatre suivantes, . La COP17 représente dès lors le moment charnière où les États doivent s’engager résolument dans l’accélération des processus. Le succès de cette conférence pourrait se matérialiser par une « voie d’Erevan », transformant l’examen mondial en une véritable feuille de route pour la seconde moitié de la décennie.

Au-delà des salles de conférence, comme l’a souligné Astrid Schomaker, la protection de la biodiversité exige de générer des partenariats et des solutions pratiques en généralisant ce qui fonctionne déjà. Le financement émerge à ce titre comme un défi central, non seulement en raison d’une pénurie apparente de capitaux, mais surtout à cause de l’orientation des flux financiers qui continuent d’alimenter des activités nuisibles à la nature. Pour remédier à cela, la COP17 mettra l’accent sur la mobilisation des ressources, la suppression des subventions néfastes et le dialogue renforcé entre les ministres de l’Environnement et des Finances.

La crédibilité financière se jouera également autour de nouveaux outils innovants, à l’instar du Fonds Cali destiné au partage des bénéfices liés au séquençage numérique. Alors que ce mécanisme affiche un potentiel estimé à plus d’un milliard de dollars par an, sa capitalisation actuelle stagne à seulement 6 000 dollars, ce qui impose à la COP17 de clarifier d’urgence sa gouvernance et ses règles de répartition. En parallèle, la structuration des crédits de biodiversité devra impérativement s’inspirer des leçons des marchés du carbone en garantissant des normes d’intégrité élevées et une transparence rigoureuse.

L’aspect humain et les droits fondamentaux occuperont une place centrale à travers la mise en œuvre de l’organe subsidiaire relatif à l’article 8 j), visant à renforcer institutionnellement le rôle des peuples autochtones et des communautés locales. Cette démarche garantit que leurs savoirs traditionnels soient directement représentés dans les processus décisionnels de la CDB. De surcroît, les discussions aborderont des enjeux techniques majeurs tels que la connectivité écologique — essentielle aux cibles de restauration —, la lutte contre les espèces exotiques envahissantes, ainsi que la recherche de synergies accrues entre les trois Conventions de Rio.

En somme, c’est l’ensemble de ces défis structurels, financiers et institutionnels qui amène Astrid Schomaker à qualifier cette échéance de « COP triple A ».

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