La lutte contre l’érosion côtière connait des avancées avec la réception officielle des travaux de stabilisation du cordon sableux et l’inauguration d’une nouvelle embouchure à Grand-Lahou. Lors de cette cérémonie, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, a salué ce bond positif dans la préservation du littoral ivoirien. En rendant un hommage appuyé aux populations locales pour leur résilience et leur implication active dans ce chantier, le ministre a ouvert une ère nouvelle, qualifiant cet événement de véritable « renaissance » pour une zone autrefois menacée de disparition.
Le littoral ivoirien, riche de 566 kilomètres de côtes et d’un vaste espace maritime de 23 000 km², constitue un patrimoine naturel d’une valeur inestimable, mais aujourd’hui en grand péril. L’urgence est dictée par des chiffres alarmants : près de 60 % du trait de côte subit les assauts de l’érosion, tandis que 62 % des mangroves ( véritables barrières naturelles) ont été dévastées. Cette dégradation, exacerbée par la pollution, la surexploitation des ressources et l’élévation du niveau de la mer liée aux changements climatiques, place les communautés côtières dans une situation de vulnérabilité extrême face aux inondations et à la précarité.
Face à ce constat, le gouvernement ivoirien a choisi de rompre avec l’inertie. Comme l’a martelé Abou Bamba, « l’inaction n’est plus une option ». Cette volonté politique s’est traduite par une réponse structurée et multisectorielle, visant non seulement à stopper le recul du trait de côte, mais surtout à repenser l’aménagement du territoire pour qu’il s’inscrive durablement dans une dynamique de résilience. Ce projet symbolise le passage d’une gestion réactive à une stratégie préventive et intégrée de l’espace côtier.
Le Programme de gestion du littoral ouest-africain (WACA), véritable pilier de cette transformation, joue ici un rôle stratégique. Soutenu par la Banque mondiale et ses partenaires internationaux, ce programme permet à la Côte d’Ivoire de disposer des ressources techniques et financières nécessaires pour restaurer les écosystèmes dégradés et protéger les populations riveraines. En ciblant prioritairement les zones critiques, le WACA démontre que la restauration de la biodiversité et la sécurisation des infrastructures humaines sont indissociables.
En définitive, l’inauguration de ces ouvrages à Grand-Lahou dépasse le cadre des simples travaux de génie civil ; elle incarne une vision ambitieuse pour l’avenir environnemental de la nation. En alliant protection des écosystèmes et développement durable, la Côte d’Ivoire se positionne comme un modèle de résilience dans la sous-région. Cet élan devra toutefois être pérennisé par une gouvernance rigoureuse et une implication continue des communautés, afin de garantir que ce nouveau souffle environnemental puisse durablement transformer la qualité de vie des populations littorales.
