L’architecture financière du Ghana s’apprête à connaître une transformation profonde sous l’impulsion du Gouverneur de la Banque centrale, le Dr Johnson Pandit Asiama. Lors de la Journée du Gouverneur 2025, ce dernier a annoncé une accélération de la restructuration du secteur de la microfinance, tout en appelant les banques commerciales à intensifier le financement des exportations. Cette double stratégie vise à approfondir l’inclusion financière tout en renforçant les recettes en devises étrangères, essentielles à la stabilité monétaire. Selon le Dr Asiama, la prochaine phase des réformes doit impérativement aligner l’intermédiation de crédit avec les ambitions de croissance nationale : « Notre tâche consiste désormais à faire en sorte que la finance profite à l’ensemble de l’économie, et non seulement aux entreprises les plus solides. »
Le volet le plus critique de ce programme concerne la refonte des institutions de microfinance et des institutions spécialisées de collecte de dépôts (ISCD). Ce segment, crucial pour les ménages et les petites entreprises, a été lourdement affecté par des années de mauvaise gouvernance et de violations réglementaires, entraînant une perte de confiance des déposants. Le Gouverneur a souligné que la fragmentation actuelle et l’inégalité de la supervision nuisent à l’efficacité du secteur. Pour le Dr Asiama, le rétablissement de la confiance est une priorité absolue : « On ne peut pas bâtir l’inclusion sur des fondations fragiles. La confiance est la monnaie de la finance et, une fois perdue, il est coûteux de la reconstruire. »
Pour remédier à ces faiblesses structurelles, la Banque du Ghana propose le déploiement d’une nouvelle architecture à quatre niveaux, conçue pour clarifier les rôles et les responsabilités au sein du secteur. Ce modèle comprendra les banques de microfinance, les banques communautaires, les coopératives de crédit et les fournisseurs de services de proximité. Chaque catégorie sera soumise à des exigences réglementaires spécifiques, strictement adaptées à son profil de risque et à son modèle commercial. Cette segmentation technique permet de garantir une supervision plus agile et plus rigoureuse, assurant ainsi la pérennité des institutions tout en protégeant l’épargne des populations à la base du système.
Enfin, cette restructuration s’inscrit dans un cadre plus large de stabilité et de finance durable, thématiques centrales de l’événement organisé par le Chartered Institute of Bankers (CIB) Ghana. Le Dr Asiama a insisté sur le fait que l’inclusion, la stabilité et la croissance sont des objectifs qui doivent « se renforcer mutuellement, et non s’opposer ». En couplant la solidité des institutions de proximité avec un engagement accru des banques commerciales vers les secteurs productifs et exportateurs, la Banque du Ghana entend bâtir un système bancaire prêt pour l’avenir, capable de résister aux perturbations tout en soutenant une économie plus inclusive et résiliente.
