Le Ghana, deuxième producteur mondial de cacao, anticipe une récolte supérieure à 650 000 tonnes pour la campagne 2025/2026, amorcée en août dernier. Cette prévision, annoncée par le ministre de l’Agriculture Eric Opoku le 21 octobre 2025 lors du Dialogue international Norman Borlaug à Des Moines (Iowa), traduit la volonté du pays d’accroître la performance de sa principale culture d’exportation, qui contribue à environ 10 % du PIB national. Cette ambition s’inscrit dans un contexte de relance de la filière après plusieurs années de recul de la production.
Selon les déclarations du ministre, relayées par Reuters, cette perspective repose sur des conditions météorologiques favorables et sur des progrès notables dans la lutte contre deux menaces majeures : la maladie virale du cacaoyer (Swollen Shoot) et l’exploitation minière illégale, toutes deux responsables d’importantes pertes de rendement ces dernières années. Le renforcement des mesures phytosanitaires et la sensibilisation accrue des producteurs devraient ainsi permettre de consolider la reprise enregistrée au cours de la précédente campagne.
Par ailleurs, l’exécutif mise sur une amélioration des prix au producteur pour stimuler l’offre nationale et réduire les flux de contrebande vers les pays voisins. Le prix d’achat du cacao a été porté de 3 100 dollars à 5 040 dollars la tonne pour la campagne en cours, soit une hausse de 62 %, positionnant le Ghana au-dessus du tarif appliqué en Côte d’Ivoire (4 949 dollars). Pour M. Opoku, cette revalorisation devrait renforcer la compétitivité du secteur : « Je ne pense pas que la contrebande soit un problème aujourd’hui, car nos prix sont désormais attractifs », a-t-il déclaré.
Toutefois, plusieurs observateurs demeurent prudents, rappelant que des projections similaires avaient déjà été avancées sans être pleinement atteintes. Si les prévisions actuelles se concrétisent, le Ghana consoliderait son rang de deuxième producteur mondial, devant l’Équateur, dont la production est également attendue à 650 000 tonnes selon l’Association équatorienne des exportateurs de cacao (Anecacao). Une telle performance confirmerait la reprise structurelle de l’appareil productif ghanéen, après une récolte historiquement faible de 425 000 tonnes en 2023/2024 et un redressement à 600 000 tonnes en 2024/2025, d’après les estimations du Conseil ghanéen du cacao (Cocobod).
