À un mois de la Foire commerciale intra-africaine 2025, l’Algérie a officialisé son intégration au Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), un dispositif conçu pour fluidifier les transactions intra-africaines. Cette adhésion intervient dans un contexte économique délicat pour le pays, marqué par une dépendance persistante aux hydrocarbures, représentant plus de 90 % des exportations, et par l’aggravation d’un déficit commercial lié à la hausse des importations au premier semestre 2025. La dépréciation du dinar et les besoins accrus de financement extérieur renforcent la pression sur les finances publiques.
Avec cette décision, la Banque d’Algérie devient le 18ᵉ membre du PAPSS, rejoignant une initiative portée par Afreximbank, l’Union africaine et le secrétariat de la ZLECAf. Le système repose sur des règlements en monnaies locales, réduisant à la fois les coûts et les délais des transactions transfrontalières. Dans les pays déjà connectés, Afreximbank relève une baisse de 27 % des frais de paiement et une progression de plus de 1 000 % des volumes traités par les banques participantes, confirmant l’effet de levier de la digitalisation des flux financiers.
Selon le directeur général du PAPSS, Mike Ogbalu III, l’entrée de l’Algérie « renforce la présence en Afrique du Nord » et illustre la confiance croissante dans un mécanisme appelé à transformer l’architecture des paiements sur le continent. De son côté, le vice-gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Benbahane, présente cette adhésion comme « un levier pour améliorer l’efficacité des paiements et soutenir le commerce intra-africain », une orientation alignée sur les priorités de diversification et d’intégration économique régionale.
Initialement lancé en Afrique de l’Ouest en 2022, le PAPSS compte désormais 18 pays membres, plus de 150 banques commerciales et 14 systèmes de compensation interconnectés. L’adhésion algérienne, aux côtés de la Tunisie, du Maroc et de l’Égypte, consolide le rôle de l’Afrique du Nord dans la dynamique d’intégration financière continentale promue par la ZLECAf. Cette évolution vise à réduire la dépendance aux devises étrangères dans les règlements intra-africains et à soutenir la montée en puissance des échanges régionaux comme moteur de croissance durable.
