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IA et Banque en Afrique : 4 défis majeurs pour le secteur à l’ère de l’agentique

par Paul De Kouamé

Backbase, en partenariat avec le magazine African Banker, a publié le rapport intitulé « The State of AI in African Banking 2026: The Reality of Banking in the Agentic Era ». Cette enquête, s’appuyant sur les réponses de 277 cadres supérieurs issus de 37 pays africains, constitue la première évaluation systématique du retour sur investissement (ROI) de l’intelligence artificielle dans le secteur bancaire du continent.

Le rapport met en lumière l’entrée des institutions financières dans une phase de responsabilisation exigeante, où les conseils d’administration exigent des preuves de rentabilité face aux pressions économiques, telles que la hausse des coûts du cloud en dollars et le durcissement des règles de localisation des données. Malgré ces exigences, le dynamisme reste fort : 86,9 % des personnes interrogées affichent un sentiment positif ou très positif quant au rôle de l’IA pour les deux prochaines années, et 83,2 % prévoient d’augmenter leurs investissements. Les cas d’utilisation les plus percutants concernent la détection des fraudes, la surveillance des transactions ainsi que la notation de crédit alternative pour intégrer les populations non bancarisées.

Sur le plan opérationnel, des disparités notables apparaissent en fonction des stratégies adoptées par les établissements. Les institutions faisant appel à des prestataires tiers spécialisés mesurent leur retour sur investissement plus de deux fois plus souvent que celles développant leurs solutions en interne, affichant un taux de 71,7 % contre 31 %, un écart qualifié de « prime de partenariat ». Par ailleurs, parmi les établissements ayant mis en place une mesure formelle du ROI, 85,1 % indiquent que les résultats atteignent ou dépassent leurs prévisions initiales

Enfin, le principal obstacle interne du secteur réside dans l’architecture héritée, citée par 50,2 % des sondés comme une entrave majeure à la cohérence des données. En moyenne, 55,7 centimes de chaque dollar dépensé en informatique sont consacrés à la maintenance de ces systèmes existants. Comme le souligne Aymen Daoud, vice-président régional pour l’Afrique chez Backbase, les banques africaines font face à un problème d’architecture plutôt qu’à un problème d’IA, invitant à réparer cette « plomberie » pour bâtir des modèles pérennes

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